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La Chronique Culturelle de JCC - Rembrandt : le choc ! !

Actualités des groupes

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10/10/2016

J'avais été prévenu que l'exposition de Jacquemart André était superbe, je n'avais aucun doute la dessus, mais honnêtement, je ne m'attendais pas à un tel choc ! Pourquoi ?

- 1/ le titre de l'exposition m'avait un peu intrigué et "inquiété" : " Rembrandt intime " ! Finalement, cela ne veut pas dire grand chose : allait on voir des scènes d'intérieurs ? des portraits de Saskia, sa première femme, de son fils Titus et de sa deuxième femme Hendrickje Stoffels ? 

En fait ce que j'ai ressenti de l'exposition , c'est "Rembrandt, dans l'intimité de son atelier" Pourquoi ?

Le choix des Commissaires est extrêmement intelligent : une trentaine d’œuvres "seulement" , mais qui marquent des ruptures de style, des approfondissements dans la recherche "d'une vérité", et véritablement en 5 salles on voit l'itinéraire artistique prodigieux de Rembrandt sur toute une vie ! 

Par exemple quelle idée splendide d'avoir à la fois l'autoportrait de Rembrandt en oriental de 1631 et le monumental tableau du Metropolitain Museum de 1632 du "Vieil homme en costume oriental" ; à la fois l'extraordinaire "Saskia en Flore" de l'Ermitage finalement encore terriblement "baroque", et le portrait d'Hendrickje Stoffels de 1652 venu de Londres et qui pourrait faire penser à certains Renoir (je pense en particulier pour la texture, au portrait de Tilla Durieux du Met) ou à certains Manet (et là je pense au "portrait de Berthe Morisot" ou à "la lecture" du Musée d'Orsay, pour le naturel moderne de la posture). 

De la même façon, ils ont souvent organisé des "doubles accrochages" de gravures permettant de sentir les recherche du Maitre : le Christ en Croix ou Ecce Homo. Ou des doublons peinture exploratoire / gravure définitive.

Ou ses "retours en arrière" : par exemple avec les 2 tableaux des pèlerins d’Emmaüs : celui complètement fou de Jacquemart André (de 1629 : il a 23 ans, et il décide que le Christ sera en "ombre chinoise" et que c'est l'un des pèlerin qui sera en plein spot !) et celui beaucoup plus "classique" du Louvre de 1648.

Ces confrontations ciblées sont prodigieusement intelligentes et font que vous avez véritablement l'impression de pénétrer l'intimité du peintre sur le lieu et sur l'instant de son acte de création.

- 2/ choc aussi par la proximité et l'intimité qu'autorise Jacquemart André : souvent dans les grandes institutions, les Rembrandt sont dans de grandes salles , à la place d'honneur certes, mais cernés par d'autres chefs d’œuvres d'autres très grands maitres. Et je ne parle pas du Palais Pitti où vous avez - si ma mémoire est bonne - 3 étages de tableaux sur chaque mur ! Finalement l’œil est aveuglé. 

Là vous êtes face au chef d’œuvre, à la bonne distance : celle de Rembrandt, lorsqu'il prenait un peu de recul pour juger de tel ou tel essai. Ce jeudi de 12h15 à 13h45 on pouvait se rapprocher, prendre (un peu) de recul, se rapprocher de nouveau, bref circuler et respirer. 

-3/ choc enfin par les œuvres exposées : en plus de celles que j'ai déjà citées j'ai été ébloui par l'autoportrait à tête nue du Louvre, par la série de gravure du Rijksmuseum, où figure la marchande de crêpes (on dirait presque des Goya) , par la Présentation au Temple de La Haye ou par le merveilleux portrait de son fiston : "Titus lisant" , venu de Vienne , qui est d'une modernité de touche et de pose étonnante et qui irradie d'amour paternel. 

En sortant on est un peu "sonné" par tant de chefs d’œuvres côtoyés ; honnêtement, je n'avais pas ressenti de choc pareil depuis l'extraordinaire "Picasso et ses Maitres" : c'est l'un des must absolus du moment à Paris sans hésitation.

Une question m'a taraudé pendant mon heure et demi de délectation : comment fait Jacquemart André pour faire venir autant de chefs d’œuvre des plus grands musées du monde : car l'Ermitage doit avoir 3 grands Rembrandt , dont Saskia en Flore; Vienne, Berlin ou New York ne doivent pas en avoir beaucoup plus. Bon Amsterdam et La Haye sont plus riches, mais tout de même ! 

Alors certes, Jacquemart-André a 3 Rembrandt superbes "à échanger" mais tout de même : quels talents de négociateurs ! 

Une dernière anecdote : je n'avais jamais fait attention à la structure du nom du Maitre : Rembrandt Harmenszoon van Rijn !

En fait Rembrandt, c'est son prénom ! Quand on y réfléchit, c'est évident, mais je n'y avais jamais réfléchi ! J'ai toujours cru que son nom de famille était Rembrandt van Rijn, et qu'on avait oublié son prénom ! Une broutille vous dis-je, mais autant savoir de qui on parle !

Allez, courez y ; c'est jusqu'au 23 janvier.

JC 

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